Pourquoi certaines douleurs reviennent-elles toujours au même endroit ?
Nuque, épaules, dos, ventre… Quand une tension récurrente nous invite à regarder au-delà de la zone douloureuse
« C’est toujours au même endroit. »
Cette phrase, je l’entends régulièrement au cabinet.
Une nuque qui se bloque dès que la période devient intense. Des épaules qui se contractent. Un dos qui recommence à tirer. Une mâchoire que l’on serre sans même s’en rendre compte. Un ventre qui devient plus sensible dans certaines périodes.
La douleur s’apaise parfois pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines.
Puis elle revient.
Et naturellement, une question apparaît :
Pourquoi mon corps revient-il toujours au même endroit ?
La réponse n’est pas forcément simple. Et surtout, elle n’est pas la même pour tout le monde.
Car une douleur n’est pas uniquement une zone du corps à « réparer ». Elle est une expérience complexe et personnelle. Aujourd’hui, l’approche biopsychosociale de la douleur prend justement en considération l’interaction entre des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.
Et c’est précisément cette vision globale qui m’intéresse dans mon accompagnement.
Une douleur qui revient mérite d’abord d’être comprise
Lorsqu’une douleur apparaît régulièrement au même endroit, notre premier réflexe est souvent de chercher une cause locale.
Et c’est important.
Une douleur peut être liée, entre autres, à une blessure, une inflammation, une atteinte nerveuse, une pathologie, des contraintes physiques ou encore certains gestes répétés.
Une douleur nouvelle, intense, persistante, qui s’aggrave ou qui s’accompagne d’autres symptômes doit donc faire l’objet d’un avis médical.
L’approche globale ne consiste jamais à remplacer une recherche médicale par une interprétation émotionnelle ou énergétique.
Elle consiste plutôt à élargir le regard lorsque cela est pertinent.
Car parfois, même lorsque la cause initiale a été prise en charge, la douleur peut persister ou réapparaître.
Une douleur peut-elle persister alors que les tissus ont cicatrisé ?
Oui, dans certaines situations.
Notre compréhension de la douleur a beaucoup évolué.
L’Inserm décrit notamment des phénomènes de sensibilisation périphérique et centrale : le système impliqué dans la douleur peut devenir plus réactif et cette hypersensibilité peut parfois persister.
Il existe également des douleurs dites nociplastiques, liées à une modification de la manière dont le système de la douleur fonctionne, sans qu’une lésion permettant à elle seule d’expliquer la douleur soit retrouvée.
Cela permet de comprendre quelque chose d'essentiel :
Avoir mal ne signifie pas nécessairement qu'une nouvelle lésion est en train de se produire.
Mais cela ne signifie absolument pas non plus que la douleur est « dans votre tête ».
La douleur est réelle.
L'Association internationale pour l'étude de la douleur rappelle d'ailleurs que l'expérience douloureuse doit être respectée et qu'elle est influencée, à des degrés variables, par des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.
Pourquoi la fatigue ou le stress semblent-ils parfois réveiller une ancienne douleur ?
C'est une observation que certaines personnes font très clairement :
« Quand tout va bien, j'ai beaucoup moins mal. Mais dès que je suis fatigué(e) ou sous pression, ça recommence. »
Cela ne veut pas dire que « le stress crée votre douleur ».
Ce raccourci serait beaucoup trop simpliste.
En revanche, lorsqu'une douleur devient persistante, son intensité et son retentissement peuvent interagir avec de nombreux éléments : sommeil, fatigue, activité physique, inquiétudes, contexte professionnel ou familial, croyances autour de la douleur, comportements d'évitement ou au contraire tendance à continuer malgré tout.
La Haute Autorité de Santé intègre précisément ces différentes dimensions dans son approche de la douleur chronique.
Nous pouvons donc sortir d'une opposition qui n'a finalement pas beaucoup de sens :
« Est-ce physique ou psychologique ? »
Une personne ne fonctionne pas en compartiments.
Le corps, le système nerveux, le sommeil, les émotions, les comportements et l'environnement interagissent en permanence.
Le corps peut-il garder une « mémoire » ?
On entend souvent parler de mémoire du corps.
J'aime cette expression, mais elle demande à être utilisée avec prudence.
Scientifiquement, il serait excessif d'affirmer qu'un muscle « stocke » une émotion ou qu'une douleur précise correspond obligatoirement à un événement particulier.
En revanche, notre système nerveux apprend.
Après certaines blessures ou dans certaines douleurs persistantes, les mécanismes de perception et de modulation de la douleur peuvent évoluer. L'Inserm décrit notamment ces phénomènes de sensibilisation.
Nos comportements peuvent également devenir automatiques.
Lorsque nous sommes concentrés, nous remontons peut-être toujours les épaules.
Lorsque nous sommes sous pression, nous serrons les mâchoires.
Lorsque nous sommes préoccupés, notre respiration devient parfois plus superficielle.
Lorsque nous avons peur qu'un mouvement fasse mal, nous pouvons progressivement moins bouger.
Et tout cela peut participer au contexte dans lequel une tension apparaît ou se maintient.
C'est pourquoi j'aime poser une question différente :
Dans quelles circonstances cette douleur revient-elle ?
Observer ce qui se passe autour de la douleur
Lorsque vous venez me voir, je ne m'intéresse donc pas uniquement à l'endroit où vous avez mal.
Je peux aussi vous demander :
Depuis quand cette douleur existe-t-elle ?
À quel moment revient-elle ?
Qu'est-ce qui l'améliore ?
Qu'est-ce qui semble la réveiller ?
Comment dormez-vous actuellement ?
Votre quotidien est-il particulièrement intense ?
Avez-vous suffisamment de temps pour récupérer ?
Votre activité professionnelle sollicite-t-elle toujours les mêmes zones ?
Votre alimentation ou votre digestion ont-elles changé ?
Traversez-vous une période particulière ?
Comment vous sentez-vous émotionnellement ?
Toutes ces questions ne servent pas à chercher une cause psychologique cachée derrière chaque douleur.
Elles permettent simplement de replacer ce que vous ressentez dans votre histoire et dans votre quotidien.
Et les émotions dans tout cela ?
C'est probablement l'un des sujets qui demande le plus de nuances.
Une émotion n'est pas une maladie.
Et il serait réducteur de dire :
« Vous avez mal à cet endroit parce que vous êtes en colère. »
ou :
« Votre dos vous fait mal parce que vous portez trop de responsabilités. »
Ces phrases peuvent sembler séduisantes, mais elles transforment une situation complexe en une explication unique.
En revanche, nos états émotionnels et la douleur peuvent s'influencer mutuellement.
Une douleur persistante peut épuiser, inquiéter, modifier le sommeil et affecter l'humeur. Et certains facteurs émotionnels, cognitifs ou comportementaux peuvent à leur tour participer au maintien ou à l'aggravation d'une douleur chronique. C'est précisément pourquoi les recommandations actuelles s'intéressent à ces différentes dimensions.
Pour moi, la question n'est donc pas :
« Quelle émotion provoque votre douleur ? »
Mais plutôt :
« Qu'est-ce qui se passe dans votre vie lorsque votre corps se remet à se tendre ? »
La nuance est essentielle.
Le regard de la Médecine Traditionnelle Chinoise
À cette approche globale, j'ajoute également les repères issus de la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC).
La MTC possède sa propre lecture traditionnelle du corps : circulation du Qi, équilibre entre Yin et Yang, méridiens, notions de Vide, de Plénitude ou de Stagnation et correspondances traditionnelles avec certains états émotionnels.
Dans cette grille de lecture, une tension ou une douleur récurrente peut notamment être observée en fonction de sa localisation, de son caractère, du moment où elle apparaît et de l'état général de la personne.
Cette approche peut apporter une autre manière d'observer la personne dans sa globalité.
Mais je tiens à faire une distinction importante :
ces repères appartiennent à un système traditionnel et ne constituent pas un diagnostic médical ni une explication scientifique de l'origine d'une douleur.
Je les utilise comme une grille complémentaire d'observation dans le cadre de mon accompagnement.
Pourquoi la réflexologie et le shiatsu ?
Lorsque le mental fonctionne beaucoup, il n'est pas toujours facile de « décider » de se détendre.
Le corps peut alors constituer une autre porte d'entrée.
À travers la réflexologie et le shiatsu, je propose un temps consacré au relâchement, à la détente et à l'écoute des sensations corporelles.
La séance devient aussi un moment où l'on cesse, pendant quelque temps, de devoir faire, produire, organiser ou anticiper.
Cela ne signifie pas que la réflexologie ou le shiatsu traitent la cause médicale d'une douleur.
Ils s'inscrivent dans une démarche complémentaire de bien-être et ne remplacent pas les traitements ou les professionnels de santé lorsque ceux-ci sont nécessaires.
Et si nous arrêtions de regarder uniquement l'endroit qui fait mal ?
C'est finalement le cœur de mon approche.
Imaginons une personne qui consulte régulièrement pour des tensions cervicales.
Nous pourrions nous intéresser uniquement à sa nuque.
Mais nous pouvons aussi observer qu'elle travaille huit heures par jour devant un écran.
- Qu'elle dort mal depuis plusieurs mois.
- Qu'elle serre les dents la nuit.
- Qu'elle ne pratique presque plus d'activité physique.
- Qu'elle traverse une période professionnelle difficile.
- Qu'elle se sent constamment obligée de tout gérer.
- Et qu'elle ne s'accorde quasiment jamais de temps de récupération.
Cela ne signifie pas que l'un de ces éléments est la cause de ses cervicalgies.
Cela signifie simplement que nous avons devant nous une personne entière, et pas seulement une nuque douloureuse.
Et c'est précisément ainsi que j'aime accompagner.
Une séance différente selon ce que vous vivez
Deux personnes peuvent venir me consulter pour une tension située exactement au même endroit et avoir pourtant besoin de deux accompagnements complètement différents.
Parce qu'elles n'ont pas la même histoire.
Pas le même quotidien.
Pas la même activité.
Pas le même sommeil.
Pas les mêmes ressources.
Pas les mêmes préoccupations.
C'est pourquoi mon accompagnement peut associer, selon votre situation et dans les limites de mon champ de pratique, réflexologie, shiatsu, repères issus de l'énergétique chinoise, aromathérapie lorsque celle-ci est adaptée, écoute psycho-corporelle et conseils d'hygiène de vie.
L'objectif n'est pas de faire entrer votre douleur dans une explication toute faite.
C'est au contraire de partir de vous.
Votre douleur n'est pas votre ennemie
Lorsqu'une douleur revient, notre première réaction est naturellement de vouloir qu'elle disparaisse.
Et c'est parfaitement compréhensible.
Mais peut-être pouvons-nous parfois ajouter une autre question.
Pas :
« Qu'est-ce que mon corps essaie forcément de me dire ? »
Car cela supposerait que chaque douleur possède un message caché.
Mais plutôt :
« Que puis-je observer autour de cette douleur pour mieux comprendre quand et comment elle apparaît ? »
Cette question laisse beaucoup plus de place à la réalité du corps.
À votre histoire.
À votre quotidien.
Et à ce que vous ressentez aujourd'hui.
Et si nous commencions par faire le point ?
Si une douleur ou une tension revient régulièrement au même endroit malgré le temps qui passe, un bilan médical reste important afin d'en rechercher la cause et d'identifier la prise en charge adaptée.
Et lorsque vous souhaitez, en complément, vous accorder un espace pour relâcher les tensions, observer votre fonctionnement et prendre soin de vous dans une approche plus globale, je peux vous accompagner.
Au cabinet, nous prenons d'abord le temps d'échanger.
Où avez-vous mal ? Mais aussi : comment allez-vous ?
Car derrière une zone douloureuse, il y a avant tout une personne.
Et c'est cette personne dans sa globalité que je souhaite accueillir.
Virginie Dubus
Réflexologie • Shiatsu • Énergétique chinoise • Aromathérapie
Saint-Jean-le-Vieux (Ain)
07 46 24 10 70
Les pratiques proposées s'inscrivent dans une démarche complémentaire de bien-être. Elles ne remplacent ni un diagnostic ni un traitement médical, une rééducation, une prise en charge psychologique ou tout autre suivi professionnel lorsqu'il est nécessaire.